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Archive pour novembre 2008

Syngué Sabour de Atiq Rahimi

Enfin un prix Goncourt mérité! Ce monologue de femme est une merveille! Lisez-le! mais lisez aussi Terre et cendres. C’est un récit très émouvant mettant en scène un grand père, son petit fils et son fils dans un Afghanistan violenté et endeuillé par la  guerre.

Du thé, bien chaud et fort, à boire en lisant ces livres.



L’Amant des morts de Mathieu Riboulet

Tout le temps de la lecture de ce petit livre étonnant, à l’écriture un peu précieuse, voire baroque, je me suis demandée à quelle histoire, à quel livre il me faisait penser. C’est à la dernière page que j’ai compris. C’est une sorte de réécriture, selon moi, de la légende de Saint Julien l’hospitalier, de la nouvelle écrite par Flaubert dans Trois contes. Jérôme, héros du roman, se donne tout entier aux hommes qu’il rencontre et trouve une forme de paix et un sens à sa vie en se couchant la nuit tout contre les mourants du sida pour les réchauffer, leur insuffler un peu de vie, les accompagner dans la mort.Il devient leur « amant » et se délivre peut-être de la soumission au sexe à laquelle son père l’avait forcé nuit après nuit avant qu’il ne s’enfuie comme sa mère elle-même avait fui son ogre de mari et son fils consentant.C’est dur à lire, mais c’est très beau, jamais vulgaire, très poétique.

Que boire en lisant ce petit livre? je ne sais pas, moi, j’aurais envie d’un bon verre de vin, tiens!

 



La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates

Avez-vous lu Les Chutes du même auteur? Il faut lire ce livre!

Quant à La fille du Fossoyeur, je suis en train de  terminer ce dernier roman d’une auteure américaine qui crée des univers noirs, terribles, des personnages poignants, surtout des personnages de femmes. Tout est toujours dur, parfois même épouvantable dans ses romans et pourtant elle sait laisser briller une petite lumière qui nous attire et nous pousse à continuer à lire. Je vous en dirai plus quand j’aurai fini ma lecture, mais je peux déjà dire que je ne suis pas déçue. L’héroïne est un magnifique personnage de roman.

Un bon café bien fort? Allez, oui, avec un petit chocolat praliné!



La traversée du Mozambique par temps calme de Patrice Pluyette

Rien que le titre « par temps calme » vous donne le ton du livre. On ne peut pas raconter ce roman. C’est une histoire qui ne peut exister que sur le papier, les personnages, les décors, les péripéties incroyables, invraisemblables, tout est possible grâce à un crayon et une feuille, rien n’existerait sans ça. C’est un roman sur le pouvoir de la littérature, sa capacité à créer des mondes, des hommes et des femmes, des dialogues, des aventures loufoques et cocasses. On rit très souvent, on lit à haute voix certaines phrases, on les relit pour s’en imprégner, on ne se demande pas si ce qui est raconté est possible ou non, on l’accepte, c’est tout, comme un conte. Et finalement, à la dernière page, on pense aux contes philosophiques et on se dit que derrière cette histoire improbable de marins d’eau douce embarqués sur les mers pour trouver un Eldorado, Candide et Zadig ne sont pas loin.

Et s’il avait le Goncourt des lycéens?

Moi, je boirais bien un jus de fruits exotiques bien frais en lisant ce livre. Et vous?